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  Magician, Kinuko Craft

(Artiste: Kinuko Y. Craft)

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Wicca et vie païenne

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Les citations de la semaine

"Don't approach a goat from the front, a horse from the back, or a fool from any side." (Yiddish Proverb)

("N'approche pas une chèvre de face, un cheval par l'arrière, ou un idiot par quelque côté que ce soit")

 

"Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!"
[Charles Baudelaire, L'Albatros

 

Livre d'Or
 

Faílte !

Oyez, oyez, voyageurs! Morrigann vous invite à visiter son humble demeure. Ici, vous pourrez suivre les aventures et péripéties de la Grande Reine, contempler son collier de perles (il y en a de belles!), vous rendre au coin du feu pour y (re)découvrir bardes et ménestrels, vous perdre dans la bibliothèque en y consultant de poussiéreux parchemins, et bien d'autres choses encore!  

Beltane est déjà passée et le printemps passe à une vitesse vertigineuse. Quelques changements ont eu lieu ces derniers temps, entre l'ouverture fin octobre 2011 d'un forum ésotérique (Le Comptoir d'Entre les Mondes) et la professionnalisation de mon activité de cartomancienne (voir le n° SIREN désormais présent en bas de chaque page). Autre bonne nouvelle, depuis ce 08 mai 2012, mon site officiel Les Arcanes de Morrigann a ouvert ses portes. Vous y découvrirez l'ensemble des services de cartomancie que je propose. Ces développements ne signent pas pour autant la fin de cet espace, loin de là! Tout ceci pourra à l'avenir fonctionner de concert et ces éléments s'inscriront dans le prolongement les uns des autres. 
 


Pour ces pages, de nombreux nouveaux articles sont prévus, que ce soit sur les tarots et les oracles, des ouvrages lus sur ces sujets (ou pas), et bien d'autres choses encore! Je n'oublie pas non plus les "Madame Endora's Fortune Cards". De nouveaux articles et tirages sont en préparation pour ce jeu, avec l'autorisation et la participation grâcieuse de Christine Filipak (Monolith Graphics) à l'élaboration de la page dédiée aux "Madame Endora's Fortune Cards". En effet, cette artiste de talent a créé toutes les images des cartes qui sont présentées en éventail dans les articles spécialement pour ces pages et a eu l'excellente idée également de confectionner les jolis titres stylisés qui apparaissent sur la page Endora et dans certains articles. Beaucoup de nouvelles choses en perspective, donc!

 

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Dimanche 6 mars 2011 7 06 /03 /Mars /2011 21:59

Endora's face 1 

Le Roi et la Reine sont les deux premiers personnages de la Cour Royale, et cette position en fait également les deux figures les plus importantes dans la vie du consultant. Ainsi, ils incarnent parfois le consultant (le Roi pour un homme, la Reine pour une femme) ou son conjoint.

J’ai regroupé ces cartes fortes sous l’appellation « piliers » car c’est l’image qu’ils m’inspirent : une stabilité, une force de caractère, une personne essentielle à la vie du consultant (ou du moins qui au moment du tirage revêt une importance particulière dans les agissements de celui-ci).

 

LE ROI (« the King ») :

Inspiration/culture/tradition : Égypte ancienne
Mots-clés : autorité, diplomatie, équilibre des forces

Le message de la lame : « Autorité et diplomatie » (« Authority and diplomacy »)

 

Incarné par un pharaon, le Roi est assis de profil sur un trône de pierre. Il porte le pschent (ou skhemty), la coiffe royale réunissant les deux couronnes d’Égypte (Haute et Basse Égypte), qui montre le souverain comme celui qui rassemble les peuples et veillent sur eux en protecteur. La main droite est levée en signe de paix, d’apaisement et d’autorité. La main gauche tient quant à elle un sceptre et l’Ankh, deux instruments qui attestent de son statut, mais aussi de son pouvoir à agir sur les plans terrestre et céleste. Son sceptre lui assure autorité et commandement dans le monde terrestre, tandis que l’Ankh (ou croix de vie) met en relief sa connexion particulière avec les dieux, le monde céleste et l’après-vie. Il est donc celui en qui les énergies s’équilibrent. On remarque que sur le pied du trône sont gravés deux éléments qui reprennent cette idée : un œil (céleste ?) et un scarabée. L’œil, placé au-dessus du scarabée, est certainement une protection divine. Le scarabée, symbole de chance, assure la protection au niveau terrestre. Ainsi, le Roi est non seulement doté des forces terrestre et divine sur Terre, mais il est l’incarnation même de ces forces : il est le protecteur des Hommes (scarabée) et le gardien des sanctuaires des dieux.

On remarque par ailleurs que le personnage est entouré d’une sorte d’aura lumineuse qui le détache du fond de la carte. Celui-ci est constitué d’un mur de pierre sur lequel sont gravés des hiéroglyphes dont certains (au niveau de la tête) représentent quelques-uns des dieux essentiels de la mythologie égyptienne. Parmi eux, on reconnaît (de gauche à droite) : Sobek (fertilité, protège le pharaon), Râ (ou Rê) le Créateur, Seth (dieu du mal, tente de détruire l’harmonie du monde), Thot le dieu de l’écriture et du savoir, (patron des scribes, grand magicien), et Anubis le protecteur des défunts. On remarque qu’une figure reste invisible, car elle est cachée par le pharaon, qui se tient juste devant. On pourrait imaginer qu’il s’agit d’Osiris – l’un des principaux dieux de cette mythologie – avec qui le Roi partage d’ailleurs une certaine ressemblance. Cela dit, je n’affirmerai rien de tel, pas plus que je n’assimilerai le pharaon à cette divinité. À mon sens, il faut considérer ce Roi comme une figure générique – une sorte d’archétype – plutôt que l’associer à un personnage précis, car cela permet d’élargir le champ d’interprétation au niveau de la lecture divinatoire.

 

Interprétations possibles dans un tirage. Le Roi peut représenter le Consultant si celui-ci est un homme, mais ceci n’est pas automatique et se détermine en fonction du tirage. Dans tous les cas, ce personnage incarne un homme qui joue un rôle déterminant dans la vie du Consultant ou de la Consultante, auquel on est attaché au niveau affectif ou familial (conjoint, père, ami proche, etc.). Il s’agit invariablement d’un homme de poids dont les agissements pèsent sur ce qui arrive au Consultant. Il peut donc être également une autorité masculine, homme de loi, supérieur hiérarchique, professeur ou directeur de recherche pour les étudiants, etc.

Il est celui qui tranche, qui tempère et apaise les conflits par son jugement équitable (on pensera au sage Roi Salomon) et est capable de gérer les situations les plus embrouillées en trouvant les mots qu’il faut. C’est un leader, celui dont on écoute la voix et qui fait autorité par sa sagesse. Si le Consultant est en position difficile, le Roi lui conseille de trouver le juste équilibre entre autorité et diplomatie afin de sortir de l’impasse.

Au niveau de la personnalité, cette lame révèle un caractère juste et diplomate, mais aussi une personne qui sait se faire entendre et faire valoir son autorité. Attention toutefois aux cartes qui l’accompagnent, car il est possible que certaines de ces qualités poussées à l’excès ne deviennent des défauts et montrent cette fois un visage autoritaire et un esprit dénué d’ouverture aux autres, voire une tendance tyrannique ou à étouffer son entourage.

Le Roi peut dans certains cas représenter la richesse et l’héritage, puisque son rang et ses biens matériels se transmettent de génération en génération.

 

 

LA REINE (« the Queen ») :

Inspiration/culture/tradition : Égypte ancienne
Mots-clés : bienveillance, amour, prospérité, fertilité
Le message de la lame : « Amour et prospérité » (« Love and prosperity »)

 

La lame montre une femme de face, qui porte la coiffe traditionnelle des reines de l’Égypte ancienne. Ses attributs sont dominés par les couleurs jaune et bleue, soient l’or et le lapis-lazuli qui étaient les principaux matériaux utilisés en Égypte. L’or est en effet un symbole de l’énergie solaire tandis que le lapis-lazuli, par sa couleur bleue, rappelle l’élément eau, et par extension tout ce qui véhicule la vie et a trait à la fertilité. La Reine est d’ailleurs fortement liée à la notion de fertilité et de vie, car non seulement elle porte autour du cou la croix de l’Ankh (symbole de la vie éternelle), mais elle se tient également devant une roue en laquelle on voit des fleurs du Nil, ce qui converge avec l’idée de fertilité (lien à l’eau, mais aussi notion de ce qui grandit, qui pousse pour s’épanouir).

En parallèle à la douceur et l’énergie maternelle qu’elle incarne, la Reine est aussi garante d’une forme d’autorité, comme on peut le voir à travers ses bras croisés et son regard droit et fixe. Dans chaque main, elle tient un sceptre d’autorité et de pouvoir comme le heka (ou la crosse) dans la main gauche et le nekhkeh (ou flagellum) dans la main droite. Présentés ensemble, ils symbolisent l’union entre les caractères royal (nekhekh) et divin (heka) du souverain. La Reine est coiffée du némès dont les rayures rappellent les rayons du soleil. Le cobra et le faucon qu’elle a sur le front sont également signe de sagesse (serpent) et d’intermédiaire entre les deux mondes (le faucon fait le lien entre les plans sacré et profane). En cela, elle est bienveillante et protectrice.

Comme le Roi, elle est aussi une incarnation du soleil sur terre, comme peut l’indiquer la roue qui se trouve derrière elle. Par extension, elle représente l’abondance et la richesse des récoltes de la terre, ce que l’on peut voir à travers le grand nombre de fleurs qui ornent la roue.

Le personnage est présenté dans une sorte de fenêtre qui reprend l’esthétique des cartouches égyptiennes. Dorée avec en bordure des symboles hiéroglyphiques, on peut voir à sa base une sphère (l’astre solaire) aux côtés de laquelle deux serpents ailés sont positionnés de profil. Ce symbole fait référence à Râ/Rê (le Soleil).

 

Interprétations possibles dans un tirage. La Reine est le pendant féminin du Roi tout en lui étant complémentaire : mère, épouse, amie proche, femme de pouvoir, meneuse, protectrice, conseillère. Selon les circonstances, elle peut aussi représenter la Consultante. Elle peut aussi être une femme épanouie incarnant la fertilité et la féminité. Elle est dans tous les cas étroitement liée à la vie du Consultant et joue (ou va jouer) un rôle déterminant dans son existence.

En position favorable, elle apporte une aide bienveillante, une protection et même un réconfort dans les moments difficiles. Dotée d’une grande sagesse, elle prodigue des conseils avisés que le Consultant a tout intérêt à suivre ou du moins à garder à l’esprit. Si elle incarne la douceur dans une certaine mesure, il ne faut pas pour autant oublier qu’elle est une figure d’autorité. Cela dit, cette autorité est tempérée et équilibrée par la bonté qu’elle dispense.

Au niveau de la personnalité, elle montre quelqu’un de rayonnant, d’aimant, de posé, d’équilibré, et dont les idées sont fertiles. C’est une personne qui inspire la confiance et dont la capacité d’écoute rassure, mais qui inspire aussi un profond respect.

Comme pour le Roi, certains de ces traits poussés à l’excès peuvent devenir préjudiciables soit pour le Consultant dans le cas où la Reine ne le représente pas ou pour le Consultant si celui-ci est associé à cette lame. Dans le premier cas, il faut veiller à ne pas s’installer dans une forme de dépendance par rapport à la personne incarnée par la Reine et éviter de se reposer exclusivement sur celle-ci et sur les conseils qu’elle peut dispenser. Dans le second cas, la Reine doit, malgré tout le dévouement dont elle peut faire preuve envers autrui, veiller à garder tout de même une forme de distance afin de ne pas laisser l’empathie la dévorer au détriment de sa propre personne.

En fonction des cartes qui accompagnent la Reine, il est également possible de tomber dans les travers inverses. En effet, la personne représentée par cette lame peut abuser de son pouvoir de conseillère et devenir tyrannique (voire castratrice) ou trop rigide et vouloir tout diriger sans laisser à autrui la liberté de ses décisions.

 

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Jeudi 10 février 2011 4 10 /02 /Fév /2011 17:40

Éditeur : Blue Angel 
Illustrations : Jasmine Becket-Griffith
Texte : Lucy Cavendish

 

Présentation Oracle of Shadows & Light

Un joli coffret cartonné de la taille d’un livre, plutôt solide, renferme les cartes et le livre accompagnateur (broché, 136 p.).

 

Les cartes

Les cartes sont de bonne qualité, soignées, cartonnées et glacées. Assez grandes, elles sont plus hautes et plus larges que celles d’un tarot standard. Ceci présente l’avantage de mettre en valeur les magnifiques illustrations de Jasmine Becket-Griffith et permet d’en admirer les détails, les nuances de couleurs, etc. Pour ceux ou celles qui seraient gênés par ces dimensions de peur que cela les empêche de mélanger les cartes correctement, je conseille de les battre non par le côté le plus long, mais l’autre. Sinon, les brasser reste tout aussi efficace.

Bien que l’oracle n’ait pas de structure particulière, les 45 lames sont numérotées en haut au centre. Chacune est habillée d’une bordure imitation pierre décorée qui prend l’allure d’une fenêtre de l’autre côté de laquelle se tiennent les personnages. On a ainsi l’impression qu’à travers chaque carte s’ouvre une porte qui permet de dialoguer avec les fées qui délivrent leurs messages. À l’intérieur de la « fenêtre » se trouve l’image que l’on interprétera. Le bas de l’illustration contient le nom de la fée représentée et une formule rapide qui résume son message.

PoeVisuellement, les illustrations sont assez sombres dans l’ensemble. D’inspiration gothique et romantique, elles contiennent un petit quelque chose d’enfantin puisque les fées ont l’air plutôt jeunes et ressemblent pour la plupart à des petites filles. Cela dit, il ne faut pas s’y méprendre, car malgré leurs têtes rondes et leurs grands yeux, elles n’ont rien de puéril, que ce soit dans leurs messages ou dans ce qu’elles dégagent. Ainsi, chaque lame contient une atmosphère qui lui est propre, jouant tantôt sur les dégradés de couleurs, tantôt sur les contrastes francs, ce qui peut déjà guider dans la lecture des tirages. Par exemple, on remarque que les cartes qui sont tout en dégradés de mêmes gammes de tons conseillent plutôt le recueillement, la réflexion et le retrait, tandis que celles dont les couleurs tranchent conseillent souvent la prise de décision et l’action. Ceci est habile de la part des auteurs, car elles réussissent ainsi à capturer l’essence des fées en revenant à leur envergure originelle.

L’adage populaire dit que les yeux sont le reflet de l’âme. Celui-ci pourrait bien s’appliquer aux personnages dépeints dans ce jeu. En effet, qu’ils soient immenses ou tout petits, toutes les fées possèdent des yeux très expressifs, qui semblent refléter tantôt de la tristesse et de la mélancolie, tantôt une forme de défiance, d’agressivité et de détermination. Là encore, une manière intéressante pour les créatrices de montrer les différentes facettes des êtres qu’elles représentent.

 

 

Le livret accompagnateur Autumn

L’objet est soigné : un livre de 136 pages, broché, dont la couverture cartonnée et glacée est en couleur. L’intérieur est en noir et blanc.

Il se divise en deux principales parties : une introduction d’une trentaine de pages, suivie de fiches consacrées à chaque carte.

L’introduction revient sur la façon dont les auteurs ont construit leur oracle, sur les messages qu’elles ont voulu y faire passer et les inspirations qui ont été les leurs. Ainsi, l’influence païenne est avouée dès le départ dans l’avant-propos. Les entrelacements entre et la complémentarité de l’ombre et la lumière sont aussi abordés, de même que la notion selon laquelle être « différent » ne veut pas forcément dire être « néfaste » ou « dangereux ». Au contraire, on est encouragé à se détacher de ses préjugés et de ses craintes de l’inconnu.

Lucy Cavendish en profite pour développer sa vision des personnages qui sont présentés ici, afin de montrer que c’est justement dans la différence que les êtres se construisent, et que c’est justement cette différence, cette non-conformité à un moule préétabli qui fait leur force. Voilà qui est l’occasion de revenir sur les notions d’équilibre qui font le Monde et de rappeler qu’envisager celui-ci comme n’étant que lumière est finalement tout aussi dangereux que de n’en voir que le côté sombre. À travers ces principes, les fées de l’oracle sont présentées comme incarnant cet équilibre.

Snow AngelSous forme de questions-réponses, l’auteur poursuit en donnant quelques conseils sur l’utilisation de cet oracle, que ce soit au niveau du déroulement d’une consultation ou de certaines connaissances fondamentales qu’ils convient de posséder au préalable. Elle propose ensuite plusieurs formes de tirages qui permettent d’aborder le jeu de façon simple et progressive. Elle termine sur quelques recommandations supplémentaires.

 

La seconde partie du livret, qui concerne les significations des lames, est composée de fiches qui suivent toutes le même modèle : une reproduction de la carte en noir et blanc suivie d’une phrase-clé (le message principal de la fée) pour commencer, puis trois paragraphes assez longs, dont le premier raconte l’histoire du personnage dépeint. Le deuxième donne directement la parole à la fée qui délivre ainsi un message « de vive voix » tandis que le troisième donne la portée divinatoire de la carte de manière assez détaillée.

Cette présentation est pratique car elle permet dans un premier temps de « faire connaissance » avec la fée qui nous fait face. Ainsi, on décrypte les différents éléments que l’on voit sur l’illustration en leur donnant une valeur symbolique et l’on comprend l’état d’esprit de la créature, ce qui facilite les liens entre les aspects symbolique, psychologique et divinatoire.

 

 

Trick or treatRemarques

The Oracle of Shadows & Light est un très bon jeu qui mérite d’être connu. Les 45 cartes forment un ensemble cohérent et équilibré. En effet, les lames ne sont ni « bonnes » ni vraiment « mauvaises » dans l’absolu. Ainsi, elles prodiguent des conseils plus qu’elles ne prédisent, et même dans l’obscurité la plus épaisse il est possible d’entrevoir une lueur d’espoir. Les ombres et la lumière viennent se contrebalancer, d’où le nom de l’oracle.

Ce jeu rappelle que toute lumière contient une part d’obscurité, mais également que l’obscurité renferme une part de lumière. C’est aussi le cas des fées, qui n’ont ici rien à voir avec les petits êtres farceurs, espiègles et frivoles popularisés par l’Ère Victorienne (on pensera par exemple à la Fée Clochette). Malgré leur air enfantin, celles de l’oracle de Lucy Cavendish et Jasmine Beckett-Griffith sont fidèles aux anciennes traditions, en cela qu’elles sont à la fois belles et terribles. Le mot « fée » (« fay » -> « fairy » en anglais) vient du latin fatum (pl. fata) qui signifie destin (« fate », en anglais). Par conséquent, les fées agissent sur le destin de ceux qu’elles rencontrent de façon significative. C’est ce que montrent bon nombre de récits médiévaux tels que les lais bretons, par exemple. De plus, les traditions médiévales montrent que les fées sont en réalité des figures divines qui ont été diminuées suite à la christianisation des peuples. Chez les Celtes par exemple, les Tuatha Dé Dannan n’ont pas totalement disparu à cause de la christianisation et ont été relégués au rang de « fées », que l’homme rencontre le plus souvent dans la forêt ou au bord d’un point d’eau. Le fait que les dieux aient été « diminués » de la sorte ne veut pas dire qu’ils perdent leur nature sacrée. Au contraire, ils la conservent et ont toujours le pouvoir de peser de façon conséquente sur le destin des humains. Ils se présentent comme à la fois beaux et terribles car la notion de « bien » et de « mal » leur est étrangère. Ils ne connaissent que ce qui est « juste » et indépendant de tout manichéisme. Dans tous les cas ils mettent à l’épreuve celui qui les rencontre et testent sa valeur morale. Ils ont alors une valeur initiatique. Sea beacon fairy

Il est intéressant de constater que l’oracle présenté ici reprend ce type d’approche. À la fois sombre et lumineux (dans les illustrations aussi bien que dans les significations des lames), il place les fées en conseillères, en « éclaireuses » du destin plus qu’en « prophétesses » : elles donnent un conseil, libre à celui qui le reçoit de le suivre ou non, il devra en assumer les conséquences. Ce sont bien les choix du consultant qui le mèneront vers l’ombre ou la lumière.

De manière habile, ce jeu joue volontairement sur la notion de différence et sur la peur que celle-ci inspire généralement. En effet, l’esthétique des fées est assez particulière : grands yeux plaintifs, grosse tête pour certaines, air inquiétant voire carrément menaçant, décor sombre, etc., autant d’éléments qui donnent l’impression qu’elles sortent tout droit de l’univers de Tim Burton, avec tout ce qu’il comporte de singulier. Elles peuvent rebuter certaines personnes au premier abord, mais pour qui saura passer au-delà de l’inquiétude qu’elles peuvent inspirer, elles révéleront toute leur richesse et leur profondeur.

L’un des points forts de cet oracle est de libérer des craintes que la plupart des gens nourrissent envers l’ombre et la part d’obscurité qui est contenue en chaque chose et en chacun. Ainsi, les fées présentées ici montrent qu’il faut dépasser les apparences pour arriver au cœur des choses et les voir telles qu’elles sont. Pour trouver l’équilibre, il est nécessaire d’accepter la part d’ombre que chacun porte. La renier serait renier une partie de soi-même et empêcherait d’avoir un jugement objectif et équilibré.  Autant l’une que l’autre, l’ombre et la lumière permettent de trouver son chemin en éclairant les décisions.

Dans son esthétique et son esprit, ce jeu partage certaines similitudes avec les « Madame Endora’s Fortune Cards » : aspect sombre, personnages a priori « mal aimés », inspiration païenne, etc., et tous deux mêlent différentes traditions folkloriques  et légendaires. Si vous appréciez les « Madame Endora’s Fortune Cards », « The Oracle of Shadows & Light » vous plaira certainement !

  Witch at the End of the World

 

Usages

Grâce à l’équilibre qu’il présente entre les lames liées aux domaines spirituel, matériel, psychologique et sentimental, cet oracle permet d’aborder toutes les questions. Contrairement à ce à quoi on aurait pu s’attendre en raison de son thème féerique, les lectures ne sont pas teintées de « rose bonbon », mais elles mettent face aux vraies préoccupations qu’il faut affronter.

On obtient donc des réponses précises et criantes de vérité (à un point qui surprend souvent !), que ce soit au niveau d’une attitude à suivre ou d’une solution à trouver dans le cas d’une situation embrouillée. Que l’on procède à des tirages simples (coupe-conseil, lame quotidienne, tirage en croix, etc.) ou à des choses plus complexes, les cartes répondent avec la même précision.

Les auteurs ne se cachent en rien des inspirations païennes qui ont motivé leur création et montrent aussi de quelle manière les cartes peuvent être utilisées en méditation et dans d’autres pratiques propres à ce type de spiritualité.

 

À qui s’adresse cet oracle ?

Pour débutants ou « confirmés », cet oracle s’adresse à tous ceux qui souhaitent posséder un outil original à l’esthétique remarquable et à l’efficacité redoutable. Ceux qui ont apprécié les « Madame Endora’s Fortune Cards » aimeront certainement celui-ci aussi, tant pour ses couleurs païennes que pour l’univers qu’il met à l’honneur. Certains devront certes s’habituer à son côté « sombre », mais une fois apprivoisées, ces lames et les créatures qui les habitent n’auront plus rien d’inquiétant et se révéleront pleines de sagesse !

 

Où trouver ces cartes ?

Cet oracle n’est pas édité en français. Il n’est pas non plus disponible sur les sites français ni en boutiques. Pour se le procurer, il faut donc passer soit par le site de l’éditeur, soit par Amazon.com.

Mise à jour du 02.10.2011: Ce jeu vient d'être traduit et publié en français chez Trédaniel sous le titre Oracle des Êtres d'Ombre et de Lumière. La présentation est exactement la même que celle de l'édition originale. Voilà de quoi ravir les francophones! 

 

Référence complète

Oracle of Shadows & Light, Blue Angel Publishing, 2010.
ISBN : 978 – 0 – 9807406 – 1 – 5

 

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Lundi 31 janvier 2011 1 31 /01 /Jan /2011 01:14

Dans l’apprentissage du tarot de Marseille, il est certes important d’apprendre la signification de chaque lame, mais il est avant tout capital de comprendre comment fonctionne l’outil que l’on utilise. On a déjà vu ailleurs que celui-ci obéissait à une structure bien déterminée qui reprenait l’ordre du Monde. Afin de mieux comprendre cette construction particulière, il convient d’examiner le cycle des arcanes majeurs et de mettre en relief ses différentes phases. Cette démarche permet non seulement d’avoir une vision d’ensemble des lames majeures du tarot, mais elle facilite également les liens entre les cartes et leurs différentes significations lors de tirages.
Les étapes du cycle sont au nombre de quatre et représentent le chemin parcouru par le Mat au cours de son existence. Elles racontent donc son histoire au sein du Monde, de la « naissance » à son épanouissement total sur tous les plans.

 

N.B. : les rôles attribués aux arcanes majeurs dans le cycle tel qu’il est présenté ici ne donne en aucune façon des indications complètes quant aux significations divinatoires des majeurs. Ils sont envisagés sur le plan symbolique et initiatique au sein de l’évolution d’une figure.

  Le Mat

 

Le Mat, pèlerin du tarot de Marseille

Le personnage qui parcourt le chemin de l’existence tel qu’il est représenté par ce cycle est le Mat. Seul arcane à ne pas porter de numéro, il se situe en quelque sorte en dehors du cycle puisqu’il est mobile et en traverse toutes les étapes. Au début du périple, il est en position 0, qui marque la mise en route de l’aventure et met en exergue sa mobilité. Son balluchon et son bâton sont ses principaux attributs. Ils indiquent un personnage en partance pour un long voyage pédestre. On peut y voir un nouveau départ. Cela dit, le Mat (aussi appelé le Fou) est marqué par son inexpérience et son insouciance, visibles à travers son costume de bouffon. Cette figure est en route vers la maturité, vers l’apprentissage de la vie et l’acquisition de la connaissance du Monde, et c’est son évolution que l’on suit grâce aux arcanes majeurs.

 

La première étape est celle des découvertes et des commencements Première étape

Le voyage commence avec le Bateleur (I) qui ouvre à la créativité tant matérielle que spirituelle. Grâce à lui, le Mat découvre qu’il peut agir sur la matière, qu’il peut faire passer ses idées du domaine abstrait au concret. On rencontre ensuite la Papesse (II), dont les attributs principaux sont le livre et le voile. Cette lame évoque la connaissance sous tous ses aspects. Le livre fait référence à la l’étude et l’apprentissage, et le voile est celui de la connaissance cachée et de l’intuition. Elle ouvre donc l’esprit du Mat, qui est désormais fort de ces acquis. L’Impératrice (III) symbolise l’abondance et la fertilité (donc la mère), tandis que l’Empereur (IIII) est l’autorité et la stabilité (le père). C’est un meneur qui trouve les solutions aux problèmes, celui à qui l’on peut se fier. Vient ensuite le Pape (V), qui d’un côté porte en lui le poids de la tradition, du moule dans lequel il convient de se fondre. D’autre part, il a une portée spirituelle évidente et peut endosser un rôle de sage conseiller ou de protecteur.

On remarque qu’au cours de cette première étape, le Mat ne rencontre que des figures qui représentent une forme d’autorité et d’éducation : la transcription d’idées abstraites en concepts matériels, l’expression (le Bateleur), l’instruction (Papesse), la mère (l’Impératrice), le père (l’Empereur), ainsi qu’une éducation morale et spirituelle (le Pape). En d’autres termes, cette étape constitue l’« enfance du Mat », puisque celui-ci acquiert les principes qui vont l’aider à faire ses choix et guider ses pas sur les chemins de l’existence.

 

La deuxième étape, celle des hésitations et des choix.Deuxième étape
Elle commence par l’Amoureux (VI), qui est l’arcane du choix et de l’hésitation par excellence. Celui-ci indique les périodes de doutes et de remises en question des principes acquis précédemment. Le Mat est mis à l’épreuve, tiraillé entre plusieurs possibilités, et doit se servir de son discernement pour prendre les bonnes décisions. Ceci ne se fait pas sans lutter, comme le montre le Chariot (VII). Celui-ci est l’adversité dans toute son ampleur : rien ne s’obtient sans efforts (parfois acharnés) et si le combat est justifié, il se solde par un succès. Dans tous les cas, l’issue est juste, comme l’indique la Justice (VIII). Après le combat et ses leçons vient la prise de recul avec l’Hermite (VIIII). Celui-ci prône le retrait et favorise l’assimilation des leçons récemment apprises et la réflexion. Cette période de solitude est marquée à la fois par les préoccupations matérielles et spirituelles, comme notamment la quête intérieure. Elle apporte une certaine sagesse qui permet au Mat de reprendre la route. Il découvre alors grâce à la Roue de la Fortune (X) que l’existence comporte aussi une part de chance. On remarque d’ailleurs que la Roue de la Fortune porte le numéro X et se situe quasiment à la moitié du chemin dans le cycle des majeurs. Elle constitue ainsi une forme de charnière dans le parcours du Mat, lui rappelant que si parfois la chance est avec lui, elle peut également l’abandonner sans crier gare. Cette deuxième étape s’achève avec la Force (XI), qui en quelque sorte la résume, car elle est la somme de ce qui a été acquis lors de cette phase. En effet, elle symbolise l’humilité, qui est la principale leçon apprise par le Mat au cours de cette partie du cycle. Afin de poursuivre son parcours, le pèlerin doit savoir faire preuve de force certes, mais il doit la doser convenablement. Cette force peut être physique, morale ou spirituelle. Cela dit, il ne doit pas en abuser, car à l’excès elle mènerait à l’arrogance, l’orgueil et la condescendance. En revanche, en manquer revient à se laisser dominer par ses peurs, à manquer de courage et à un refus d’affronter les épreuves rencontrées.

N.B. : dans la tradition Rider-Waite, la Justice et la Force sont interverties, ce qui modifie bien évidemment le sens de cette phase. En effet, après avoir triomphé des adversités de toutes sortes incarnées par le Chariot, la tradition Waite considère que l’on acquiert la Force (qui porte alors le numéro VIII) à la fois physique et morale. Viennent ensuite le retrait (l’Hermite) et la quête intérieure. La Roue indique la reprise du mouvement mais représente aussi le fait parfois difficile à accepter que l’on ne puisse pas toujours contrôler les événements. La Justice (XI) clôt cette deuxième étape, montrant qu’au terme de celle-ci le Mat, fort de ses expériences, est désormais apte à peser le pour et le contre et de faire la part des choses. Ceci lui permet d’aborder la suite de son voyage avec discernement.

 

La troisième étape est celle des épreuves.Troisième étape
La première vient avec le Pendu (XII), qui incarne les blocages, l’impossibilité d’avancer, l’absence de progrès, le fait d’être retenu, retardé. Il représente aussi le sacrifice et le don de soi. Sur le plan spirituel, il est aussi le don de prophétie. La remise en route après cet arrêt forcé se fait à travers l’Arcane Sans Nom (XIII), qui représente la nécessité d’un changement radical (et parfois brutal), d’une transformation qu’’il est indispensable d’endurer. C’est un nouveau départ, une renaissance, un lâcher prise salutaire. La reconstruction se fait à travers la Tempérance (XVIIII), qui enseigne au Mat la patience, la force d’adaptation et la nécessité d’équilibrer les énergies qui le gouvernent. Cette forme d’autodiscipline lui permet de ne pas se laisser dominer par ses émotions, mais au contraire de peser les différentes options qui s’offrent à lui avant de prendre parti. C’est la maîtrise de soi et la capacité à prendre du recul. Elle permet de passer l’épreuve suivante. Le Diable (XV), qui symbolise en effet la tentation, les addictions en tous genres, l’aliénation aux instincts et aux désirs, le fait d’être dépendant du matériel. La notion de dépendance est représentée par les chaînes qui retiennent les prisonniers du Diable. Ainsi fragilisé, le Mat risque d’être déstabilisé et se trouve en proie à des situations inattendues, comme le montre la Maison-Dieu (XVI). Ce sont les accidents, les surprises, mais cet arcane fait aussi ressortir l’état de fragilité (émotionnelle ou autre) dans lequel se trouvent le Mat et ses projets. Dans tous les cas, on est confronté à quelque de surprenant et de violent. Seule l’expérience acquise au cours du voyage permettra d’y faire face.

Il est intéressant de noter que la Maison-Dieu constitue la transition entre la troisième et la quatrième étape du cycle. Elle porte ainsi le pèlerin sur un autre plan : après avoir appris les leçons du monde terrestre et avoir fait face à ses épreuves, il peut désormais atteindre le monde spirituel, et ce passage peut se faire de façon inattendue, voire même avec une certaine violence.

 

La quatrième et dernière étape est celle de l’élévation spirituelle et de l’épanouissement du Mat au sein du Monde.Quatrième étape Elle débute avec l’Étoile (XVII), qui indique la réalisation des rêves comme « récompense » à la traversée des épreuves. Elle est aussi l’espoir et la foi. Le Mat, affranchi des considérations terrestres, peut donc accéder au domaine céleste. La Lune (XVIII) est le développement de l’imagination, des capacités psychiques (voire médiumniques), mais elle incarne aussi l’illusion. En effet, elle régit les marées, et donc l’eau, qui est l’élément de l’inconstance par excellence. La Lune se révèle alors versatile, rappelant que les apparences sont parfois trompeuses. Il faut donc se méfier et ne pas se laisser bercer d’illusions. Si l’énergie de la Lune est féminine et obscure, celle du Soleil (XVIIII) est masculine et rayonnante. L’astre réchauffe, apporte la joie et un dénouement heureux à toutes les situations. Vient alors l’heure de l’éveil avec le Jugement (XX), qui permet de s’ouvrir à des choses que jusqu’alors le Mat ne pouvait voir. C’est en quelque sorte l’illumination que cherchent les sages, l’ouverture et la connaissance spirituelles par excellence. On accède à un état de conscience supérieur. Cette élévation spirituelle mène le pèlerin à s’accorder pleinement à l’univers dans lequel il vit. Ainsi, le cycle s’achève avec le Monde (XXI), qui indique que le but suprême a été atteint et que le Mat a pris la place qui lui revient au sein de l’univers. Il s’agit d’un passage vers un état supérieur où l’on se trouve en harmonie totale avec le Monde sur tous les plans : les leçons ont été apprises et l’on est capable de triompher dans tous les domaines grâce à l’expérience acquise au cours du voyage. Ce dernier arcane correspond à la libération de toutes les contraintes : le Mat a pleinement conscience de ce qu’il est.

Le Mat arrive donc au terme de son voyage initiatique d’origine certes, mais il se situe également au début d’une nouvelle aventure, d’où la structure circulaire du cycle des majeurs où la fin marque aussi un nouveau commencement. C’est pourquoi le Mat, qui occupe la position 0 en début de parcourt, se voit attribuer la position XXII lorsqu’il termine son périple. Ceci accentue d’autant plus la circularité de la suite des majeurs et le fait qu’il soit à part et mobile parmi eux. Le Monde ne marque ainsi pas un véritable terme, mais plutôt la possibilité de poursuivre son évolution à un autre niveau.

 

 

Pourquoi ranger les lames majeures dans l’ordre après utilisation ?

Je recommande ailleurs de remettre les cartes dans l’ordre avant de les ranger. Ce geste correspond à reconstituer le cycle des majeurs et donc l’ordre du Monde représenté par le tarot. Laisser les cartes telles qu’elles sont en fin de consultation et les ranger ainsi dans leur boîte revient à conserver le « chaos » créé par le consultant lorsqu’il a brassé les lames. Ce « chaos » est propre au consultant car il dépeint l’environnement dans lequel il évolue, mais n’est pas représentatif de l’ordre du Monde au sens universel.

Je remets systématiquement les lames (de tarot ou d’un oracle) dans l’ordre à la fin de toute consultation. Il me semble effectivement important que le consultant chamboule l’ordre du Monde universel et reconstitue sa situation personnelle par le biais du brassage. Le tarot a pour moi une structure bien particulière qu’il convient de respecter lors de sa manipulation.

 

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Mardi 25 janvier 2011 2 25 /01 /Jan /2011 02:51

Cette question, souvent posée, trouve rarement de réponse claire et précise. Tarot, oracle, beaucoup s’Tarot de Marseille Grimaudy mélangent et les confondent, ou pire encore, pense qu’il s’agit de la même chose. De plus, on constate en surfant sur Internet ou en allant dans des boutiques que les concepteurs de ce type de jeux appellent souvent « tarot » ce qui est en réalité un oracle, ce qui est loin d’éclairer la lanterne de celui qui cherche à faire la différence.

 

Il y a quelque temps, j’ai déjà publié un article au sujet de la différence entre un tarot et un oracle afin de clarifier certains points. Ici, je propose de me pencher plus en détail sur ce qu’est un tarot, afin de donner un aperçu non seulement de l’objet, mais aussi de ses diverses utilisations.

 

Le tarot en tant qu’objet

Lorsqu’on parle de « tarot », on fait allusion à un objet bien précis, quelle que soit la manière dont on s’en sert. L’objet en question répond à un certain nombre de caractéristiques particulières.

Il s’agit d’un jeu de cartes à structure fixe composé de 22 arcanes majeurs et 56 arcanes mineurs qui forment un ensemble de 78 cartes (parfois 79, car certains jeux américains comprennent un majeur supplémentaire appelé « The Happy Squirrel » – « L’Écureuil Heureux » – en hommage à un épisode des Simpsons où Lisa se fait tirer les cartes lors d’une fête et tombe sur celle-ci, qui semble-t-il est annonciatrice des pires catastrophes). Quel que soit le jeu, le nom et l’ordre des lames est toujours le même :

Pour les majeurs :

 

 

Le Mat (ou Le Fou) [The Fool]

XI

La Force [Strength]

I

Le Bateleur [The Magician]

XII

Le Pendu [The Hanged Man]

II

La Papesse [The High Priestess]

XIII

Arcane Sans Nom [Death]

III

L’Impératrice [The Empress]

XIIII

La Tempérance [Temperance]

IIII

L’Empereur [The Emperor]

XV

Le Diable [The Devil]

V

Le Pape [The Pope ; The Hierophant]

XVI

La Maison-Dieu [The Tower]

VI

L’Amoureux [The Lovers]

XVII

L’Étoile [The Star]

VII

Le Chariot [The Chariot]

XVIII

La Lune [The Moon]

VIII

La Justice [Justice]

XVIIII

Le Soleil [The Sun]

VIIII

L’Hermite [The Hermit]

XX

Le Jugement [Judgement]

X

La Roue de la Fortune [The Wheel of Fortune]

XXI

Le Monde [The World]

 

N.B.: L’ordre présenté ici est celui établi par le tarot de Marseille, où la Justice porte le numéro VIII et la Force le XI. Dans la tradition Rider-Waite, largement adoptée dans les pays anglophones et de plus en plus répandue en France, ces deux lames sont interverties.

- Dans le tarot de Marseille, le Mat ne porte pas de numéro. Ainsi, on peut le placer au tout début du cycle et lui attribuer le 0, tout comme on peut lui donner le 22. Il est donc à la fois le début et la fin du parcours initiatique, ce qui souligne la structure circulaire du cycle des majeurs. Dans la tradition Rider-Waite en revanche, on lui donne la position 0, le plaçant ainsi au début du cycle. Cela dit, dans un cas comme dans l'autre, on remarque qu'il se situe à part dans le cycle des majeurs. 

- On remarquera également que l’arcane XIII n’est pas nommé, mais est défini comme l’Arcane sans Nom ou Arcane XIII. Les jeux anglophones, quant à eux, l’appellent « Death » (La Mort).

 

Lorsqu’on utilise un tarot, on se sert en priorité des arcanes majeurs, car ils contiennent les symboles forts de l’existence. En effet, ces lames représentent des archétypes et sont riches en symboles qu’il convient d’interpréter afin de les lire. Dans le cas d’un tarot de Marseille, qui reste visuellement le plus épuré, chaque élément présent sur l’image compte, de même que les couleurs employées. Quel que soit le style du tarot choisi, ces symboles et archétypes sont invariables.

Cette structure fixe vise à reproduire l’ordre du Monde. Si l’on étale les arcanes majeurs dans l’ordre, on remarque une évolution, comme si les lames racontaient une histoire. En réalité, les majeurs représentent le cycle de la vie d’un être humain et le parcours initiatique de celui-ci au sein du Monde. On part ainsi de l’innocence et d’une figure inexpérimentée (le Mat) pour arriver à la complétude lorsque le personnage, après avoir traversé plusieurs épreuves et avoir acquis de la sagesse, prend pleinement conscience de sa place dans le Monde, qu’il peut désormais occuper.

Il est possible de diviser le cycle dépeint par les majeurs en plusieurs étapes marquantes :

1/ Les découvertes et les commencements : le Mat, le Bateleur, la Papesse, l’Impératrice, l’Empereur, le Pape

2/ Les choix et les décisions déterminants : l’Amoureux, le Chariot, la Justice, l’Hermite, la Roue de la Fortune, la Force

3/ Les épreuves : le Pendu, l’Arcane Sans Nom, la Tempérance, le Diable, la Maison-Dieu

4/ L’élévation spirituelle, l’épanouissement au sein du Monde : l’Étoile, la Lune, le Soleil, le Jugement, le Monde

 

[pour des explications détaillées quant au cycle des majeurs, voir ici]

 

Les mineurs se divisent quant à eux en quatre suites qui reprennent la structure d’un jeu de cartes classique où les numéraux de 1 à 10 sont suivis de figures (valet, cavalier, reine, roi). Chaque suite est en relation avec l’un des quatre éléments et est associée à un domaine de la vie du consultant :

Coupes => domaine sentimental et affectif =>eau

Deniers => domaine matériel et financier => terre

Épées => domaine des études et du spirituel => air

Bâtons => domaine émotionnel => feu

 

Comme on peut le voir, les mineurs ont une portée plus « concrète » que les majeurs. En effet, si ces derniers paraissent plus abstraits parce qu’ils sont hautement symboliques et font appel à des archétypes parfois complexes, les premiers sont beaucoup plus « terre à terre », car orientés vers les préoccupations quotidiennes et courantes. C’est pourquoi on les utilise le plus souvent pour obtenir des précisions par rapport aux lames majeures déjà tirées. Il est évidemment possible d’effectuer des tirages avec les majeurs uniquement (beaucoup font ainsi), mais si l’on veut approfondir la lecture il est bon de faire appel aux mineurs.

 

Le sens des cartes

Lors d’un tirage, il est possible que des lames se retrouvent « à l’endroit » (on dit alors qu’elles sont « droites ») et d’autres « à l’envers », « la tête en bas » (on dit qu’elles sont « renversées »). Certaines personnes n’en tiennent pas compte et se contentent de remettre les cartes en position droite. Cependant, il me semble important de considérer le sens originel de chaque arcane, qu’il soit majeur ou mineur, car autrement on perd toute une partie de l’interprétation.

Les majeurs possèdent tous un sens droit et renversé. Leur signification varie parfois grandement en fonction de cela, et adopter les deux sens de lecture permet d’affiner les interprétations. On a ainsi une vision plus juste de la situation que l’on explore, car les nuances sont toujours importantes.

Les mineurs, quant à eux, peuvent se diviser en deux catégories : ceux qui admettent un sens droit et un sens renversé, et ceux qui sont symétriques. Ces derniers présentent une illustration qui ne permet pas de distinguer le « haut » du « bas ». Certaines personnes déterminent un sens pour ces cartes-ci aussi en marquant le haut ou le bas d’un point. Chacun fait comme il le souhaite, mais cette pratique me paraît artificielle : pourquoi ne pas accepter tout simplement que certaines lames n’aient pas de sens ?

En ce qui me concerne, j’ai dès le départ pris l’habitude de me servir des sens droits et renversés. Bien sûr, cela « complique » un peu la lecture parce qu’il faut faire attention à plus de choses, mais j’ai remarqué que cela se révélait très efficace, notamment dans les tirages de l’année où il faut mettre en relief les énergies présentes. Cela dit, conserver les cartes renversées fait partie des conventions mentales que chacun se fixe.

 

Quelques indications pour l’utilisation du tarot

Les différentes méthodes de tirage correspondent à des conventions fixes et propres à chacune d’elles. En d’autres termes, dans un tirage, chaque carte est posée dans une position bien précise qui détermine dans quelle direction doit aller l’interprétation. Il est capital de respecter cela, sans quoi le tirage ne veut rien dire ! Si l’on regarde par exemple le tirage de l’année ou du mois, on constate que chacune représente un mois ou un domaine de l’existence. Il faudra donc faire l’interprétation en conséquence.

 

Comment mélanger les cartes ? Avant de choisir les cartes, il faut les mélanger. Plusieurs façons de faire se présentent. Si l’on choisit de ne pas tenir compte du sens renversé des cartes, on peut simplement les battre, puis couper. Si au contraire on a choisi d’utiliser les lames renversées, on va plutôt brasser le jeu.  Pour ce faire, on place le jeu complet en tas face cachée sur la table, puis on pose la main dessus et on procède en mouvements circulaires pour mélanger les cartes. Lorsqu’on juge avoir assez mélangé, on rassemble les cartes et on coupe.

 

Le tarot est-il exclusivement un outil divinatoire ? Non. Selon ce que l’on en fait, il sert évidemment à prédire l’avenir, mais il ne se limite pas uniquement à cela. Il peut être un conseiller qui permet de clarifier une situation difficile ou embrouillée en révélant les choses sous un angle encore non envisagé par le consultant. Il est aussi un formidable outil dans la connaissance de soi car il permet d’explorer les aspects psychologiques et spirituels de l’être.

 

Pour aller plus loin

Afin de s’approprier cet outil et de l’étudier plus en détail, je vous invite à consulter notamment les ouvrages de Claude Darche, Corinne Morel, Colette Silvestre et Laura Tuan. Ils sont abordables car les explications que l’on y trouve sont formulées de façon simple et logique.

De plus, lire différents auteurs permet de découvrir plusieurs manières de procéder, et l’on se forge ses propres méthodes en appliquant ce qui nous paraît sensé parmi ce qui est proposé dans les ouvrages.

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Jeudi 20 janvier 2011 4 20 /01 /Jan /2011 01:49

Bien que nombreux soient les passionnés de cartes divinatoires, il semblerait que beaucoup de francophones ne puissent profiter de la richesse de ce que l’on trouve à ce sujet dans les pays anglophones. En effet, qu’il s’agisse de cartes ou d’ouvrages traitant de cartomancie, il existe de nombreux articles qui restent à ce jour publiés uniquement en anglais, soit parce qu’ils sont produits par de petits éditeurs qui n’exportent pas (les « Madame Endora’s Fortune Cards » et le « Gothic Tarot » de Vargo chez Monolith Graphics, ne sont que des exemples parmi tant d’autres), soit parce que les éditeurs d’origine n’ont pas trouvé d’éditeur européen pour les publier (nombreux sont, par exemple, les tarots et oracles de chez Llewellyn qui restent inconnus en France parce que non distribués dans nos contrées ; on pensera également aux oracles des Fées de Brian Froud, toujours non traduits en français malgré la quantité d’amateurs du travail de cet artiste). Le public français se trouve bien trop souvent confronté à la barrière de la langue, qui reste infranchissable et qui finit par le décourager de travailler avec tel ou tel jeu, que l’on a pourtant commandé parce qu’on le trouvait beau.

Ce « petit précis » vise à aider les téméraires qui souhaiteraient escalader la barrière qui se dresse entre eux et l’utilisation de leurs jeux. Rien de mieux que d’aborder les choses dans leur langue d’origine, car bien souvent les erreurs de traductions dans les livrets dénaturent le sens des cartes. Pour ce faire, ce lexique contiendra le vocabulaire « technique » essentiel à la compréhension d’une notice ou d’un ouvrage en anglais sur le sujet et sera organisé en plusieurs catégories afin de le rendre plus lisible.

Bien sûr, sa mise en place sera progressive, et si vous constatez que certains termes et expressions récurrents manquent à l’appel, n’hésitez pas à utiliser la fonction « écrire un commentaire » pour me suggérer un ajout !

En revanche, je ne fais aucune traduction des livrets (ou livres) qui accompagnent les jeux, non par refus de rendre service, mais parce que les mettre en ligne ou les diffuser de quelque manière que ce soit constituerait une violation des droits d'auteurs. Au souci du respect des droits d'auteurs et du travail que cela représente s'ajoute une autre raison: Internet n'est pas un outil qui permet de s'assurer que l'utilisation de telles traductions reste à l'usage personnel des visiteurs. D'autres blogs ou sites recopient de façon éhontée des pages et des pages d'ouvrages, voire d'autres sites ou blogs sans même citer leurs sources. Ces pratiques ne sont pas les miennes. De plus, je pense qu'il est bon de s'habituer à lire les notices et livres qui accompagnent les jeux en anglais lorsqu'elles ne sont pas disponibles en français, car acquérir le vocabulaire nécessaire n'est pas bien difficile. En effet, une fois quelques mots récurrents assimilés, le plus gros du travail est fait!

 

Dernière mise à jour du lexique : mercredi 09 février 2011

 

LES CARTES

arcanum (pl. arcana) : arcane. Ici, on a conservé le mot latin tel quel. On distingue les « major arcana » (les arcanes majeurs) et les « minor arcana » (les arcanes mineurs). On trouve aussi le terme "trump" pour désigner les arcanes. N.B. : en français, le terme arcane est masculin.

a card : une carte

a deck : un jeu, un paquet de cartes (sous-entendu complet). On trouve aussi « a pack of cards », mais « deck » est d’usage plus courant.

major arcana : les arcanes majeurs. Dans un tarot de Marseille, les arcanes majeurs sont :

 

The Fool => Le Mat

XI

Strength => La Force

I

The Magician => Le Bateleur

XII

The Hanged-Man => Le Pendu

II

The High-Priestess => La Papesse

XIII

Death => L’Arcane sans Nom

III

The Empress => L’Impératrice

XIIII

Temperance => La Tempérance

IIII

The Emperor => L’Empereur

XV

The Devil => Le Diable

V

The Pope/Hierophant => Le Pape

XVI

The Tower => La Maison-Dieu

VI

The Lovers => L’Amoureux

XVII

The Star => L’Étoile

VII

The Chariot => Le Chariot

XVIII

The Moon => La Lune

VIII

Justice => La Justice

XVIIII

The Sun => Le Soleil

VIIII

The Hermit => L’Hermite

XX

Judgement => Le Jugement

X

The Wheel of Fortune => La Roue de la Fortune

XXI

The World => Le Monde

* Le Mat étant à la fois le début et la fin du cycle des majeurs, il ne porte pas de numéro. On peut donc lui attribuer la position 0 ou 22. Ainsi, on peut le placer au tout début du cycle et lui attribuer le 0, tout comme on peut lui donner le 22. Il est donc à la fois le début et la fin du parcours initiatique, ce qui souligne la structure circulaire du cycle des majeurs. Dans la tradition Rider-Waite en revanche, on lui donne la position 0, le plaçant ainsi à la fois au début du cycle et en dehors de celui-ci. Dans un cas comme dans l'autre, on remarque qu'il se situe à part au sein des majeurs.

** Si le Mat ne porte pas de numéro, l’arcane XIII, quant à lui, ne porte pas de nom. On l’appelle « l’Arcane sans Nom » en français, tandis qu’en anglais on l’appelle « Death ».

***Je donne ici l’ordre des majeurs selon le tarot de Marseille, où la Justice est en VIII et la Force en XI. Dans la tradition Rider-Waite, ces deux lames sont interverties.

 

minor arcana : les arcanes mineurs. Dans le tarot de Marseille, les mineurs sont divisés en quatre suites : « Wand » (Bâtons), « Pentacle » (Deniers), « Cup » (Coupes), « Sword » (Épées). On y trouve les numéraux de 1 (« Ace » => As) à 10 puis les figures (« court cards ») qui se présentent comme suit : le Valet (« Page »), le Cavalier (« Knight »), la Reine (« Queen »), le Roi (« King »).

trump (pl. trumps): arcane, lame. Comme pour "arcanum" (pl. "arcana"), les lames majeures sont appelées "major trumps" et les mineures "minor trumps". 

 

LA MANIPULATION DES CARTES

to cut : couper

to draw the cards : tirer les cartes

to pick up (x cards): tirer/choisir x cartes (extraire un certain nombre de cartes de l’éventail qui est étalé)

to shuffle : mélanger, brasser, battre

to spread : étaler (après avoir battu et coupé, on étale en éventail)

 

LA POSITION DES CARTES 

at the bottom/below: en-dessous

at the top/above: au-dessus

face down : face cachée (contre terre, non visible)

face up : face visible

on the left: à gauche

on the right: à droite

reversed : position renversée (lorsqu’on retourne la carte pour la rendre visible, l’image a la tête en bas).

straight : position droite (lorsqu’on retourne la carte pour la rendre visible, l’image a la tête en haut).

upright : position droite

upside down : à l'envers (littéralement "la tête en bas") 

 

TERMES SPECIFIQUES AUX TIRAGES

the Celtic cross spread : tirage en croix celtique

the diviner : littéralement "celui qui devine", "le devin". Celui qui lit et interprète les cartes, donc le cartomancien (ou la cartomancienne). Aussi appelé "the reader".

the inquirer: littéralement "celui qui demande", donc le consultant. On trouve aussi "the querent" et "the questioner".

a lay out : la disposition particulière des cartes lors d’un tirage, où chaque position a une signification bien définie.

to do a reading : effectuer un tirage (action de lire les cartes). Ici, « a reading » = un tirage.

a meaning : une signification. « Reversed meaning » => signification de la lame renversée.

the reader : le cartomancien, celui qui mène la consultation et par extension, celui qui lit/interprète les cartes. Aussi appelé "the diviner". 

a reading : une consultation

the querent : le consultant. Littéralement : celui qui interroge les cartes, qui pose la question (également appelé "the questioner").

the questioner : littéralement "celui sui pose une question", donc le consultant (aussi appelé "the querent").

a spread : un tirage => façon spécifique de disposer les cartes (i.e. croix celtique, chien de pique, etc.). Mode de tirage employé.

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