"Don't approach a goat from the front, a horse from the back, or a fool from any side." (Yiddish
proverb)
("N'approche pas une chèvre de face, un cheval par l'arrière, ou un idiot par quelque côté que ce
soit.")
"Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!"
[Charles Baudelaire, L'Albatros]
Livre d'Or
Faílte !
Oyez, oyez, voyageurs! Morrigann vous invite à visiter son humble demeure. Ici,
vous pourrez suivre les aventures et péripéties de la Grande Reine, contempler son collier de perles (il y en a de belles!), vous rendre au coin du feu pour y (re)découvrir bardes et
ménestrels, vous perdre dans la bibliothèque en y consultant de poussiéreux parchemins, et bien d'autres choses encore!
Beltane est déjà passée et le printemps passe à une vitesse vertigineuse. Quelques changements ont eu lieu ces derniers temps, entre l'ouverture fin octobre 2011 d'un forum ésotérique
(Le Comptoir d'Entre les Mondes) et la professionnalisation de mon activité de cartomancienne (voir le n° SIREN désormais
présent en bas de chaque page). Autre bonne nouvelle, depuis ce 08 mai 2012, mon site officiel Les Arcanes de Morrigann a ouvert ses
portes. Vous y découvrirez l'ensemble des services de cartomancie que je propose. Ces développements ne signent pas pour autant la fin de cet espace, loin de là! Tout ceci pourra
à l'avenir fonctionner de concert et ces éléments s'inscriront dans le prolongement les uns des autres.
Pour ces pages, de nombreux nouveaux articles sont prévus, que ce soit sur les tarots et les oracles, des ouvrages lus sur ces sujets (ou pas), et bien d'autres choses encore! Je n'oublie pas
non plus les "Madame Endora's Fortune Cards". De nouveaux articles et tirages sont en préparation pour ce jeu, avec l'autorisation et la participation grâcieuse de Christine Filipak (Monolith
Graphics) à l'élaboration de la page dédiée aux "Madame Endora's Fortune Cards". En effet, cette artiste de talent a créé toutes les images des cartes qui sont présentées en éventail dans
les articles spécialement pour ces pages et a eu l'excellente idée également de confectionner les jolis titres stylisés qui apparaissent sur la page Endora et dans certains
articles. Beaucoup de nouvelles choses en perspective, donc!
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6 voyageur(s) à faire halte dans mon antre
Que demander de mieux, pour fêter Litha, qu’une célébration en musique ? Un concert gratuit d’Altan, bien
sûr ! Pour la fête de la musique, le Centre Culturel Irlandais accueillait l’un des plus grands
groupes de musique traditionnelle irlandaise, et au lendemain du concert (d’enfer !) de Judas Priest, j’étais au rendez-vous. Changement d’ambiance garanti !
En une 1h30
de concert, le groupe a fait chanter et danser une assistance d’abord timide. Violons, accordéon, guitare et voix suffisent à ces musiciens hors pair pour transporter quiconque les écoute dans
une Irlande mythique et légendaire, à la fois gaie et mélancolique. Gigues et chansons se sont succédé à un rythme effréné pour donner un aperçu rapide mais complet des traditions musicales
ancestrales qui animent l’Île d’Émeraude.
Entre
ballades tristes contant des amours contrariées et cruelles et chansons touchant au passé mythique de l’Irlande, tout y était, y compris un hommage à Robert Burns, pourtant écossais. Comme
toujours, les chants ont fait honneur à une culture et à une poésie toujours empreinte d’un brin d’humour qui, même s’il est parfois sombre et cynique, représente pleinement l’ironie du sort qui
s’abat sur les protagonistes de ces histoires.
Altan a
joué durant 1h30 sans s’arrêter, à grande force de solos de violon endiablés, de chants en gaélique et en anglais… de quoi faire revivre les époques lointaines et embrumées – mais le sont-elles
vraiment ? – où l’on pouvait rencontrer les fées qui peuplaient l’Île au détour d’un chemin ou auprès d’une source en forêt… Bref, ce fut un moment magique !
Après le
concert, le groupe est resté pour discuter avec les gens, vendre des CD (ils sont horriblement difficiles à trouver à prix correct en France !) et les dédicacer. L’occasion était donc idéale
pour aller discuter avec la chanteuse qui, forte sympathique, m’a dédicacé le CD que je venais d’acheter. Elle a été très étonnée de trouver quelqu’un qui suivait leur carrière depuis longtemps,
car il est vrai qu’ils ne sont pas très médiatisés en France.
En réalité,
j’ai découvert Altan grâce à Dolly Parton, qui les avait invités pour l’enregistrement de son premier album live, « Heartsongs ». Charmée par la voix ensorcelante qui s’accordait si
bien avec celle de ma chanteuse préférée, j’ai eu la curiosité d’aller écouter ce qu’ils avaient fait tout seuls, et j’ai tout de suite été charmée par l’atmosphère qui se dégageait des musiques.
Du coup, j’ai approfondi ! J’avais aussi beaucoup aimé lorsque Dolly les avait à nouveau invités sur « Little Sparrow », ainsi que la visite qu’elle leur avait rendue sur l’un de
leurs albums. Du coup, la chanteuse a été très surprise quand elle a su comment je les avais connus !
Et comble
du comble, comme je connaissais par cœur la plupart des chansons et que je ne pouvais m’empêcher de chanter pendant le concert, j’ai même été complimentée pour ma voix par les personnes qui
étaient devant moi ! Cela m’a beaucoup fait rire.
Pour ceux qui ne connaissent pas Altan, voici un petit aperçu :
Ce lundi 20 juin 2011 se déroulait au Zénith l’un des concerts événements de l’année. Dans le cadre
de leur tournée d’adieu nommée « Epitaph Tour », Judas Priest clôturait une carrière longue de plus de quarante ans ! Dire que ce fut une soirée époustouflante est un doux
euphémisme par rapport à la qualité du concert et à l’ambiance – quasi-religieuse – qui régnait dans la salle.
Judas Priest est un groupe que j’avais envie de voir sur scène depuis longtemps, en particulier depuis leur album
« Nostradamus », paru en 2008, que j’ai beaucoup apprécié dès sa sortie. Après avoir raté la tournée « Nostradamus » qui a suivi la sortie de l’album, il était impossible de
récidiver et de ne pas aller voir les adieux ! C’est chose faite, et je ne le regrette pas !
Réputé pour être un groupe sulfureux, Judas Priest est précédé d’une renommée bien particulière. Devenus
légendaires rapidement grâce à un chanteur charismatique et aux foudres qu’ils s’attiraient de la part de « bien-pensants », ils ont toujours eu leurs « fidèles », et ce
jusqu’à la fin.
Ce lundi, on a assisté à un concert dont aucun détail n’a été laissé au hasard, et ce afin de faire plaisir au
public. Bien sûr, l’attente a été longue entre la fin de la première partie et le début de la messe du Prêtre, mais la patience a été récompensée : derrière un rideau à l’effigie de la
tournée (un magnifique logo !), les techniciens se sont affairés pendant un bon quart d’heure afin de tout mettre en place. Rien ne manquait : batterie surélevée, de grosses caisses
entourées de chaînes et surmontées de tridents de chaque côté, des effets pyrotechniques (lance-flammes), de la fumée, un écran affichant les pochettes d’albums, une (très belle) moto lors d’un
rappel, bref, tout y était !
Le groupe, mené par un Rob Halford en grande
forme, a entamé un spectacle du feu de Zeus, rendant un hommage permanent à son public à travers une rétrospective de sa carrière, à la fois sur le plan musical et… vestimentaire ! À chaque
morceau provenant d’une époque différente, Halford s’absentait brièvement pour mieux revenir vêtu d’un autre costume, ce que le public ne manquait pas de saluer. Le jeu de scène d’Halford est en
effet tout aussi légendaire que sa voix, et les tenues font tout autant partie du spectacle que le reste !
Parmi les grands classiques joués, on retrouve tous les morceaux emblématiques du groupe, parmi lesquels
« Painkiller », « Nightcrawler », « Judas Rising », l’incontournable « Diamonds and Rust » de Joan Baez, « Livin’ After Midnight », « Metal
Gods », « Starbreaker », « Breaking the Law ». Au total, plus d’une vingtaine de chansons, ponctuées des cris surpuissants du chanteur, emmenées par sa voix ensorcelante
et reprises en chœur par le public. Aussi bons en acoustique qu’en électrique, les musiciens sont restés très abordables pendant toute la durée du concert, n’hésitant pas à jouer tout près du
public, à serrer des mains et à distribuer des médiators.
Halford, quant à lui, haranguait la foule qui lui répondait d’une seule voix et chantait religieusement. Son jeu
de scène et sa voix sont aussi impressionnants l’un que l’autre, et son charisme gigantesque semblait parfois éclipser les autres musiciens, si bien que de temps en temps il sortait de la scène
ou se faisait discret pour permettre aux autres membres de s’amuser un peu et de nourrir le public déchaîné de solos à couper le souffle.
Je crois que la dernière messe du Prêtre est l’un des concerts les plus marquants auxquels j’ai assisté/ que ce
soir l’ambiance, la musique, le spectacle ou la voix du chanteur, je ne saurais dire ce qui m’a le plus impressionnée. L’un des moments les plus forts (pour moi en tout cas) reste la magnifique
interprétation de « Prophecy », qui ouvre l’album « Nostradamus » : après l’introduction musicale, Halford arrive lentement sur scène, vêtu d’une longue cape argentée, le
visage dissimulé sous la capuche, un sceptre en forme de trident à la main. Il chante ainsi, se déplaçant à la manière d’un vieillard courbé par le poids des années et ne dévoilant jamais son
visage. La salle était hypnotisée, comme si elle était sous l’emprise de quelque magie. « Diamonds and Rust » fut aussi un très beau moment, mi-acoustique mi-électrique, montrant toute
la puissance d’Halford.
Le concert terminé (et après trois rappels), on se dit que c’était trop court. C’est alors qu’on regarde sa
montre et que l’on constate qu’ils ont joué pendant plus de 2h30 ! C’est comme si le temps s’était arrêté, d’autant que le groupe ne montrait aucun signe de fatigue (la voix d’Halford
semblait gagner en puissance de morceau en morceau !)… On se dit « ah mince, ils auraient pu jouer celle-ci, et puis celle-ci, et puis celle-ci aussi… », mais il fallait bien faire
un choix… autrement ils se seraient retrouvés à jouer l’intégralité de leurs morceaux ! Non que beaucoup s’en seraient plaints !
Mon seul petit regret : ils n’ont pas joué « Angel » (une magnifique ballade qui se trouve sur
« Angel of Retribution »), qui fait partie de mes chansons préférées toutes catégories confondues. Point non plus de « Last Rose of Summer » (album « Sin After
Sin »), mais on ne peut pas tout avoir ! J’étais déjà aux anges (ou aux Enfers, tout dépend si l’on s’adapte au contexte) d’entendre « Prophecy », « Diamonds and
Rust » et toutes les autres, alors je ne vais pas me plaindre !
Quatre jours ont passé, et je ne réalise toujours pas que je les ai vus. Je suis encore sous le coup de la magie
déployée par ce groupe mythique… et quelque chose me dit qu’il en sera ainsi pendant encore quelque temps !
Malheureusement, la messe est dite, le Prêtre ne reviendra plus… mais il a fait ses adieux la tête haute, au
sommet de sa forme !
Afin de prolonger le plaisir, quelques petits rappels de quelques-unes de leurs plus belles chansons:
"Diamonds and Rust" (album "Sin After Sin")
"Angel" (album "Angel of Retribution")
"Prophecy" (album "Nostradamus")
"Judas Rising" (album "Angel of Retribution")
"Living After Midnight" (album "British Steel")
N.B.: toutes les photos de cet article (sauf celle du billet du concert) proviennent dusite officiel de Judas Priest.
Dans son dernier film, Julie Delpy s’attaque au mythe sanglant d’Erzsébet Báthory, aussi connue sous les doux sobriquets de « Comtesse Dracula »,
« Comtesse Sanglante » ou « Dame sanglante de Csejte ». Avant de parler du film, un petit rappel s’impose : Erzsébet Báthory (1560-1614), issue de l’une des familles les
plus puissantes de Hongrie, fut accusée d’avoir commis des crimes parmi les plus odieux que l’histoire ait connus. Il est dit que pour rester jeune, Erzsébet se servait du sang de jeunes filles
vierges, se baignant dedans ou se l’appliquant sur la peau pour la faire rajeunir. Ses méfaits découverts, la Comtesse fut condamnée à être enfermée et murée dans ses appartements
au château, recevant eau et nourriture par une petite ouverture. Elle y mourut au bout de quatre ans.
Ceci dit, force est de constater que les accusations portées contre la Comtesse Báthory ont été relativisées par les historiens, car elles proviennent de rumeurs et
de témoignages obtenus sous la torture lors du procès. Ainsi, des paysans et des domestiques du château la présentèrent sous un jour effrayant, allant jusqu’à dire qu’elle se nourrissait même de
ses victimes. De même le nombre de jeunes filles tuées varie-t-il considérablement selon les versions : d’une trentaine, il passe tantôt à 650, nombre qui aurait été consigné par la Comtesse
elle-même dans un journal. À cela s’ajoute également la relation que celle-ci aurait entretenue avec une certaine Anna Darvulia, « sorcière » de son état, qui l’aurait poussée dans ses
instincts sadiques et meurtriers. Cependant, on ne sait presque rien de Darvulia, si ce n’est qu’elle avait disparu lors du procès. Morte ou enfuie, il a été impossible d’établir avec certitude
son rôle dans l’affaire, tout comme il a été impossible de déterminer la nature de la relation qui la liait à Báthory.
Beaucoup de zones d’ombres subsistent encore aujourd’hui sur cette période trouble de l’histoire. C’est d’ailleurs autour de cela que Julie Delpy a choisi de
construire son film, présentant un personnage fort, une femme de pouvoir que sa position obligeait à montrer un caractère fort et dur que rien ne pouvait ébranler. Rien, sauf peut-être les
émotions et les sentiments. En définitive, la Comtesse incarnée par Delpy reste un personnage profondément humain et profondément féminin, dans un monde dirigé par des hommes, qu’ils soient ceux
qui règnent et décident de l’avenir d’un pays ou ceux qui dictent les principes religieux. Dès les premières minutes, on constate toute l’ironie avec laquelle sont traités les personnages
masculins, ce qui renforce le parti pris de la réalisatrice : Nadasky, le mari d’Erzsébet, est une brute épaisse peu séduisante ne se réjouissant qu’au sommet d’une pile de cadavres (il
était en effet réputé pour être un guerrier d’une cruauté exceptionnelle) ; le prêtre lors de la scène du dîner est explicitement comparé à une femme par la Comtesse qui lui dit avoir les
mêmes intérêts que lui (bijoux et belles toilettes) ; le cousin Thurzo, vaniteux et ne supportant pas d’être éconduit par une femme, s’arrange pour tisser sa vengeance ; le roi est
quant à lui un petit personnage sans envergure à côté de Báthory, qui au contraire adopte des poses nobles et s’impose face à lui.
Le film oscille constamment entre légende et « réalité » historique, en grande partie grâce au narrateur. Ainsi, l’amant de qui elle a été séparé de force
raconte l’histoire en fonction de ce qu’on lui a dit sur sa maîtresse. Dès lors, le spectateur fait un va-et-vient incessant entre la « vérité » et ce qu’on a voulu faire de Báthory.
L’histoire a voulu la commémorer comme une femme sanguinaire d’une extrême cruauté, une femme ayant perdu la raison. Pourtant, avec ce film, on est plutôt loin de cette image macabre, puisqu’on
comprend qu’elle aurait été victime d’un complot pour l’éloigner des sphères du pouvoir. Privé de son grand amour que son cousin aurait tenu loin d’elle, elle aurait été conduite à penser que
celui-ci l’avait quittée à cause d’une grande différence d’âge, et elle aurait été obsédée par l’idée de retrouver sa jeunesse passée. Selon le film, sa folie aurait été encouragée et entretenue
par les auteurs du complot, et Darvulia aurait tenté de la dissuader et de lui montrer que le sang n’avait aucun effet sur sa peau. Celle-ci se trouve réhabilitée, elle que l’on a présenté comme
un véritable démon ! Delpy la montre au contraire comme quelqu’un de dévoué et de sincèrement attachée à Erzsébet.
Selon Delpy, Erzsébet aurait bel et bien été victime d’un complot visant à l’éloigner du pouvoir. Deux mondes semblent s’opposer dans le récit qu’elle fait de
l’histoire de la Comtesse. On a d’un côté un complot manigancé exclusivement par des hommes, et de l’autre une vie au château d’Erzsébet ou seules des femmes évoluent (Erzsébet, les servantes,
Darvulia). Le seul domestique masculin d’Erzsébet ne peut parler et est donc incapable de manipuler qui que ce soit, contrairement à ceux qui tentent de l’influencer en lui fournissant tous les
éléments qui causeront sa perte.
Afin de faire ressortir l’absurdité de certaines accusations qui ont été retenues contre Erzsébet, on évoque avant de l’emmurer des témoignages selon lesquels elle
aurait été vue « s’accouplant avec le Diable », « se nourrissant de ses victimes » et autres allégations farfelues. Vu leur caractère exagéré, le spectateur doute de la
culpabilité du personnage principal malgré les crimes qu’il a vu, ce qui accentue le fait que le récit effectué par le narrateur soit fondé sur des rumeurs. Au final, on la croit plus innocente
que coupable, et on en garde l’image d’une femme dérangeante car trop proche du pouvoir, trop puissante. Comme on le sait, il était très facile à l’époque d’accuser quelqu’un de sorcellerie, et
le personnage d’Erzsébet s’y prêtait à merveille : une veuve qui ne s’est pas remariée, vivant seule dans un château et menant des troupes armées d’une main de fer, il n’en fallait pas
plus !
Delpy a réalisé là un très beau film, tant sur le plan de la reconstitution historique fantasmée que sur le plan humain, montrant un autre visage d’une femme en
proie à ses sentiments et à des leurres. Cependant, ceux qui s’attendent à voir des flots de sang et des scènes de torture esthétisées peuvent passer leur chemin : rien de tout cela dans
« La Comtesse » ! La violence n’est pas du tout présentée de manière esthétique, sans pour autant qu’il y ait des litres de sang déversés. Le tout reste sobre à tous les niveaux,
et c’est tant mieux.
Dommage que ce film ait tendance à disparaître assez vite des salles de cinéma, car il est à mon avis bien meilleur que certains qui s’y attardent bien plus
longuement !
Hier après-midi, une bien triste nouvelle s'est abattue sur le monde de la musique: Alain Bashung est décédé des suites d'un cancer à l'âge de 61 ans. Il était
apparu très affaibli deux semaines auparavant jour pour jours lors de la cérémonie des Victoires de la Musique, durant laquelle il a reçu des récompenses qui l'ont propulsé au rang d'artiste
français le plus primé.
Reconnu par ses pairs comme un artiste simple et d'une extrême humilité, au grand charisme et à l'immense générosité, celui qui représente une véritable béquille et un maître pour des générations
d'artistes s'est éteint dans un hôpital parisien hier, laissant un immense vide. Un artiste discret mais néanmoins bien présent, dont on ne mesure l'importance que lorsqu'il part. Le genre de
monstre sacré dont on se dit qu'il fait partie du paysage, qu'il en est un pilier et qu'il est impossible qu'il s'en aille. Et pourtant... quand j'ai vu la nouvelle hier soir sur Internet, c'est
exactement ce que je me suis dit...
Un monument qui s'en va, donc, mais sans s'écrouler, puisqu'il continue d'exister à travers son oeuvre. Son oeuvre, justement, en voici quelques
extraits, car quoi de mieux que laisser la musique parler?
"Oh Gaby", premier tube surréaliste un brin déjanté qui traîne dans toutes les têtes:
"Vertige de l'Amour", pas moins surréaliste et entêtant:
"Osez Joséphine". Je me souviens, quand j'étais petite, j'adorais ce clip, ne serait-ce que pour le cheval, dont le galop va si bien avec le rythme de la chanson:
Tirée de son dernier album, "Résidents de la République", qui me fait penser à du Calvin Russell:
Toujours sur son dernier album, une reprise de la chanson de Gérard Manset, "Voyage en Solitaire":
Aujourd'hui, l'humeur est à l'hommage. Il y a 28 ans, ce même jour mourait assassiné à New York John Lennon, ex-Beatle et éternel poète, hippie et idéaliste qui
imaginait un monde meilleur.
Quoi de plus naturel, donc, que d'avoir une pensée pour celui qui voulait "donner une chance à la paix" ("Give Peace a Chance") et de se souvenir de l'un des plus beaux rêves que l'histoire
de la musique ait jamais portés. Bien sûr, il y a d'autres chansons, moins connues et qui mériteraient de l'être autant que celle-ci, mais cela dit, elle reste emblématique de cet idéaliste
invétéré et semble, aujourd'hui plus que jamais, d'actualité.
Et une version accoustique:
Il n'empêche que cela reste l'une des chansons les plus reprises au monde (même Bill Clinton s'y est collé!), et même par les plus grands! De quelle plus belle
postérité pouvait-on rêver pour un tel artiste? Chapeau, John!
Pour voir ces pages telles qu'elles ont été créées, la Grande Reine vous recommande de vous rendre là, et d'y télécharger la police Black
Chancery. N.B.: vous saurez si cela fonctionne si le nom de la police s'affiche justement en Black Chancery.
A lire attentivement!
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